|
Mercredi 1er mars 2000
Pub TV pour les sites internet: le CSA renonce
Le Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a décidé mardi
de surseoir à la décision d'autoriser la publicité télévisée
de tous les sites internet après une semaine de polémique.
Le Conseil a annoncé mardi qu'il entendait désormais "élargir
la concertation à toutes les parties concernées". Ce sera
donc à l'issue de ces discussions que les téléspectateurs
pourront découvrir de nouveaux types de publicité.
La décision du CSA d'autoriser la publicité télévisée pour
tous les sites internet, y compris pour les secteurs jusque-là
interdits de petit écran (distribution, presse, cinéma, édition...),
avait provoqué la colère de certaines organisations professionnelles.
Cette annonce du CSA avait également ouvert un débat juridique,
certains experts considérant que le Conseil sortait de son
rôle de régulateur pour jouer sur le terrain du pouvoir réglementaire.
Ce qui était il y a huit jours une "décision" est devenu "une
position de principe".
"Ayant pris une position de principe sur la possibilité d'accès
des sites internet à la publicité télévisée, le CSA a décidé
le 29 février 2000 d'élargir à toutes les parties concernées
la consultation sur les modalités pratiques de sa mise en
oeuvre", indique un communiqué de l'instance de régulation.
"Le calendrier précis des discussions avec les représentants
de la presse, de l'édition, du cinéma de la distribution,
de la radio, des annonceurs et de la publicité sera établie
ans les prochains jours", a précisé le CSA.
Certaines professions étaient
elle-mêmes divisées sur la question d'ouvrir ou pas l'accès
à la publicité de leurs sites internet. Des organisations
professionnelles de la presse ou du cinéma par exemple, avaient
appelé le gouvernement à intervenir auprès du CSA.
Après une semaine de silence, le gouvernement a fini par réagir.
La ministre de la Culture et de la Communication, Catherine
Trautmann, a demandé au CSA, dans une lettre à son président
Hervé Bourges, de revoir sa position afin notamment d'en mesurer
les conséquences sur les secteurs économiques concernés. Dans
un courrier, juridiquement très argumenté, la ministre reconnaît
cependant que "les règles adoptées il y a quelques années
méritent sans nul doute d'être réévaluées". Dans sa décision
de la semaine dernière, le CSA interprétait un décret de 1992
sur la réglementation de la publicité télévisée. Selon la
ministre, la décision du CSA "s'écarte sensiblement" des intentions
initiales dont le CSA avait fait part à ses services. Dans
son dernier communiqué, le CSA justifie l'élargissement de
la concertation au nom de la préservation "des équilibres
économiques existants". Il s'agit d'éviter "toute publicité
indirecte ou déguisée pour des secteurs qui demeurent interdits
d'accès à la publicité télévisée". La ministre avait souligné
dans sa lettre les risques de "déséquilibres économiques que
le Conseil ne semble pas avoir vraiment anticipés".
Au sein du CSA, on
se défend toutefois d'avoir bâclé ce dossier comme l'avaient
estimé des détracteurs. De nombreuses réunions avaient précédé
cette décision, ont souligné des membres du Conseil. Après
l'annonce du CSA d'élargir les discussions avant toute mise
en oeuvre de sa décision initiale, la ministre de la Culture
a souligné qu'elle sera "attentive au déroulement de la concertation"
et "appréciera s'il y a lieu de faire évoluer la réglementation".
[Laurent Houssay,
AFP]
Au sommaire
de l'actualité
Sélection
extraite du service général de l'AFP. Tous droits de reproduction
et de représentation réservés. Copyright © 1999 Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont
protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus
par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut
être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite,
vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque
manière que ce soit sans l'accord écrit de l'AFP.
|
|